Latéral

Lateral est un blog politique qui tente de sortir des clivages traditionnels d'où son nom : latéral. Ni à gauche, ni à droite, il est sur le côté dans un paysage politique français où les lignes de démarcation semblent bouger.

28 mai 2007

Lundi 28 mai

L'Observatoire national de la parité a publié un communiqué de presse sur la parité des listes électorales par formation(s). Assez édifiant, puisque :

  • Sur 11 partis, seuls 6 respectent l'objectif légal (et aucun ne siègaient auparavant dans un groupe parlementaire).
  • Deux sont repêchés et disposeront d'une amende relativement faible.
  • Trois sont clairement incapables de se tenir à l'obligation légale et vont payer de lourdes amendes.
En conclusion, la rapporteure de l'Observatoire (issue du parti le moins paritaire) a un pronostic aux abords de 20% et prévoit un classement mondial de la parité de la France entre celui de la Guinée équatoriale et de l'Estonie.

Les pétitions sur le web sont souvent aussi partisanes et attachées aux intérêts particuliers des uns ou des autres que de lire celle-ci est un réel plaisir :

ArsIndustrialis_FaireAttention

NB : De toute manière, le suivi régulier des travaux d'Ars Industrialis ne fait pas vraiment de mal. Jamais, bien au contraire, ça entretient la réflexion.

Posté par lateral à 16:24 - Lu et dit - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 mai 2007

Google gagne de l'argent avec les impôts des Français

Si, si, aussi étrange que cela puisse paraître, essayez :
tapez Juppé UMP dans Google.

Cela marche aussi avec Hortefeux et probablement avec bien d'autres, génial, non ?

GoogleAd

En plus, tout ça, c'est avec l'argent de l'Etat (En tout je l'espère, ce serait encore plus scandaleux si c'était celui d'autres).

Donc, si vous voulez augmenter le déficit de l'Etat en restant le cul vissé à votre machine, vous savez quoi faire ;-) .

Posté par lateral à 18:13 - Des opinions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le puant portefeuille de Brice Hortefeux

Les journalistes, qu'on les flatte pour leur indépendance ou qu'on les soupçonne d'être aux ordres, ont tous un défaut majeur : celui de confondre l'actualité et l'Histoire. Naïvement, parfois, ils pensent que la succession des vignettes de présent qu'ils nous concoctent tous les jours fera demain la grande frise du passé. Hélas pour eux, les choses sont un peu plus compliquées et la journée du 17 mai 2007 qu'ils nous ont conté rentrera dans l'histoire de France pour d'autres raisons que celles qui ont fait leur gros titres (et leurs choux gras).

17 mai 2007, de quoi a-t-on parlé : Jogging (as usual), Ministres féminines (et ce n'est pas forcément un mal) et félonie ou ouverture (choisissez le vocable selon votre camp) incarnée par Besson, Kouchner et Jouyet. Que retiendrons-nous dans vingt ou trente ans ? Probablement, la création de ce Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement attribué à Brice Hortefeux.

Examinons en détails les termes :

Un ministère de l'Immigration, ce n'est pas vraiment la tradition française que de se doter d'un tel outil au sommet de l'Etat. Durant toute la campagne, l'UMP nous rebattu les oreilles de la nécessité d'un tel ministère en arguant que tous les pays européens en étaient doté et qu'il n'y avait aucune raison que, nous, Français, au prétexte d'un droit-de l'hommisme de mauvais aloi, nous refusions de nous doter d'un outil indispensable de gouvernance.

"Se doter d’une politique migratoire unique – actuellement nous en avons trois – et en confier la mise en œuvre à un seul ministère, comme c’est le cas chez tous nos partenaires."

Nicolas Sarkozy, Convention "Une immigration choisie, une intégration réussie"

L'argument parait couler de source mais, hélas pour notre nouveau chef de l'Etat, tous les partenaires de la France n'ont pas un Ministère de l'Immigration, loin s'en faut :

- Dans l'union européenne, 22 pays en sont dépourvus et seuls quatre en sont doté (Danemark, Suède, Finlande & Luxembourg)  

- Parmi les pays du G8, hormis la France, nouvellement équipée de cet indispensable ministère, seul le Canada en est doté.

- Source : Affaires étrangères.

Dans l'Europe des 27, 4 pays ; au G8, 1 seul : 5 partenaires sur trente (16,6%), c'est tous ?

On peut même et, examiner en détails les intitulés ministériels de chacun de tous nos partenaires :

  • Danemark : Ministère pour les Réfugiés, les Immigrés et l’Intégration
  • Finlande : Ministère des Affaires européennes et de l’Immigration
  • Luxembourg : Ministre des Affaires étrangères et de l’Immigration
  • Suède : Ministère des Migrations
  • Canada : Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration

        doté d'un Secrétariat d’Etat au Multiculturalisme et à l’Identité canadienne

On notera par ailleurs que la Suède n'est pas dotée d'un Ministère de l'immigration mais des migrations ce qui est différent puisqu'il traite de tous les flux, y compris l'émigration.

Ce n'est donc pas plus la tradition française d'avoir un Ministère chargé de l'Immigration que celle de ses partenaires. Le tous utilisé par Nicolas Sarkozy signifiait, en réalité, qu'ils se comptaient sur les doigts d'une main au sein des groupes politiques et économiques auxquels la France a le privilège d'appartenir.

Un ministère de l'Intégration, c'est là typiquement dans la tradition française (contrairement aux politiques d'assimilation à l'anglo-saxonne) et il n'y aucun souci à ce sujet a priori (nous reviendrons plus tard sur la juxtaposition choisie des termes).

Un ministère de l'Identité Nationale, la formule a déjà fait couler énormément d'encre. Il faut hélas y revenir encore une fois pour expliquer à quel point le concept d'identité nationale est pauvre intellectuellement.

Il ne viendrait à personne l'idée de nier qu'une communauté d'individus vivant sur le même territoire et soumis à un certain nombre de lois ne possède pas quelque chose en commun. Plus encore, d'ailleurs, si ceux-ci partagent une langue commune. Mais comment dénommer précisément ce quelque chose en commun ?

Le terme choisi sera Identité Nationale, la tradition séculaire de l'histoire des idées en politique veut, en effet, que le premier qui dégaine un mot sur un concept l'emporte toujours. Mais, hélas, ce quelque chose en commun appelé ainsi est lourd de sous-entendus.

En premier lieu, il fait allusion à la carte nationale d'Identité et réussit donc en deux seuls termes à poser dans l'inconscient collectif à la fois un problème (mal posé) et une idée fausse :

  • Ceux qui n'ont pas d'identité nationale sont ceux qui n'ont pas de carte nationale d'identité (les sans-papiers) : c'est le problème mal-posé, lourd de sous-entendus, propre à de nombreux discours de Nicolas Sarkozy.
  • Les individualités de chacun ont quelque chose en commun grâce à l'idée de Nation : L'idée est fausse ou au moins incomplète. Le sentiment d'appartenance à la France s'est construit au fil du temps grâce à un certain nombre d'événements : certains anodins (La victoire de la France lors de la coupe du monde de 1998) et d'autres plus historiques et liés à une décision de l'Etat : L'ordonnance de Villers-Cotterêts, le buste de Marianne dans toutes les mairies, l'instauration d'une école publique laïque et gratuite, l'obligation de la conscription. Depuis trois siècles, tous les événements majeurs qui ont renforcé le sentiment commun d'appartenance à la France n'ont pas trait à l'idée de Nation mais à l'idée de République. Marianne, le suffrage universel pour tous, le service militaire (en son temps), l'école obligatoire, ce ne sont pas le fait du prince comme l'adoption d'une langue unique mais bel et bien le produit du système républicain. Ce sont les lois de la République et sa persistance dans le temps qui ont permis à notre pays de renforcer la cohésion entre ses membres. C'est la République qui, par le système de valeurs qu'elle impose à ses membres, permet de réaliser l'amalgame des altérités individuelles de chacun et de construire ce quelque chose en commun qui est notre lot à tous. Il n'est donc certainement pas question d'une identité nationale mais bien plus d'une identité républicaine (si l'on tient absolument au terme d'identité pour qualifier le socle commun qui caractérise une communauté d'individus).

Le terme d'identité nationale est donc aussi impropre que possible, lourd de sous-entendus assez répugnants. Bien entendu, j'en vois un ou deux, un peu cancres, là bas, au fond de la classe agiter le bras avec véhémence pour poser des objections. Je vais y répondre de suite avant même qu'ils ne les formulent eux-mêmes :

- En quoi, le Canada peut-il disposer d'une identité canadienne et la France ne pourrait-elle pas disposer d'une identité nationale ?

Simplement parce que le Canada n'est pas la France. C'est un état fortement marqué par son multi-culturalisme qui n'est pas uni par l'adoption d'une langue commune (Le Québec ne parle pas la même langue que les neuf autres provinces), c'est un état fédéral qui se revendique comme tel, c'est un état dont la construction s'est réalisée en cinq siècles par l'assimilation de vagues de migrations successives.

 

- En quoi, le choix des mots est-il si important ? Pourquoi cette terminologie "identité nationale" est plus scandaleuse qu'une autre qu'on appelerait "identité républicaine" ou "socle commun de valeurs lié à la République" ?

Ce serait faire une double injure à Nicolas Sarkozy que de feindre d'ignorer qu'il ignore l'impact des mots qu'il emploie. Ce serait une injure à ses capacités politiques (La politique est autant une pratique dans le domaine des idées que celui des actions et, à ce titre, les expressions clés qui définissent une idée se doivent d'être sous-pesées pour être claires et sans ambiguité involontaire). Ce serait aussi une injure à sa formation initiale d'avocat, profession où l'éloquence est de mise.

Un ministère du codéveloppement, ne pose pas plus de problèmes qu'un ministère de l'Intégration, là encore c'est la succession et le regroupement des termes qui est nauséabond.

Examinons maintenant en détails l'ordre des mots :

- L'immigration est placée en premier de la liste (c'est le seul cas parmi ceux recensés) pour mieux souligner le caractère essentiel du pseudo-problème ...

- L'intégration est ensuite évoquée (elle apparait donc moins importante que ce qui est évoqué en premier lieu).

- L'identité nationale (avec tout son cortège de sous-entendus) est ensuite évoquée, noyée dans la masse en plein milieu. Pourtant, sa présence modifie le sens des termes évoqués précédemment. En rattachant Immigration et Identité Nationale, le décret du 17 mai 2007 pose implicitement un lien entre l'un et l'autre, il nie donc la faculté de la République à produire un socle commun d'identité à partir des altérités propres et individuelles constituantes de la population. Pire encore avec une telle association de termes, le mot Intégration pris en sandwich entre Immigration et Identité Nationale semble altéré d'un bémol qui le dépouille de tout son sens et en fait presque un synonyme d'Assimilation. Ces deux seuls simples mots placés là signifient un changement politique profond non assumé.

- Le terme Codéveloppement placé en fin de liste, semble disposé là pour adoucir l'énumération violente. Au contraire, c'est le plus ignoble de tous car il implique que tout ce le précède dans la liste est lié à la problématique du codéveloppement. Que le vivre ensemble français n'est en péril que par la faute de l'Immigration. C'est faux : un communautarisme peut-être national et religieux, voire-même motivé par d'autres raisons (sexuellement centré, comme le communautarisme gay, par exemple). Pire encore, il montrera du doigt, lors des attributions d'aides au codéveloppement, les nationalités honnies qui menacent cette identité française chérie par Nicolas Sarkozy.

Posté par lateral à 18:00 - Des opinions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Samedi 26 mai 2007

Les blogs politiques permettent la juste expression de toutes les opinions, y compris celles opposées à la sienne. C'est la règle du jeu. Par contre, il est d ebon ton d'être honnête quand on source un chiffre ou qu'on convoque un savoir quelconque comme l'histoire, j'ai donc bondi devant les erreurs historiques utilisées par Dang chez Koztoujours dans son Et si Sarkozy mettait fin à deux siècles de guerre civile en France ?

Posté par lateral à 17:29 - Lu et dit - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2007

Vendredi 25 mai 2007

J'ai bien aimé ce billet de Bakchich sur les palmes d'or des députés qui montre les excès ou lacunes de zèle de l'Assemblée nationale.
J'ai par contre eu quelques réserves sur le billet d'Arnaud Sanchez à propos de la candidature de François Fillon aux législatives.

Posté par lateral à 22:08 - Lu et dit - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La parité en chiffres et en détails

Concernant la parité en politique, j'ai rédigé un article en deux parties :

  • L'une présentant les idées et actions législatives reliées au sujet (disponible ici).
  • L'autre présentant des résultats chiffrés que vous trouverez ci-dessous.

Nous distinguerons donc la représentation des femmes dans les deux pouvoirs exécutifs et législatifs communs à la France métropolitaine.

Au niveau du pouvoir législatif :

Il y a actuellement 981 parlementaires français pour 165 femmes ce qui représente une part totale de 16,82 %.

Au niveau du parlement européen :

Les élections ont eu lieu en 2004 et au scrutin proportionnel par liste. Les obligations légales permettent un résultat très proche de l'idéal de la répartition 50 / 50.

 

Parlement Européen (2004)
Groupe
Total Femmes Taux de Parité
PS
31 14 45,16%
UMP
17 9 52,94%
UDF
11 5 45,45%
FN Suppléance -1 7 2 28,57%
Verts
6 3 50,00%
PCF/PCR
3 0 0,00%
MPF
3 0 0,00%
Total
78 33 42,31%

 

Table 1 : La parité aux élections européennes de 2004

Note : Le jeu de la suppléance a fait que 34 femmes ont été élues et que 33 siègent actuellement suite au remplacement d'une femme par son colistier.

Graphe 1 : Classement par parti selon la parité au Parlement Européen.

Les obligations légales permettent d'obtenir une forte représentation des femmes pour tous les partis ayant obtenus plus d'un siège dans une des régions administratives liées à une liste.

Source : Wikipédia

Au niveau du Sénat :

Les élections ont eu lieu en 2004 et au suffrage universel indirect. Le mode de scrutin est mixte (proportionnel & à la majorité) ainsi qu'en cours de réforme, rappelons simplement que le Sénat n'est jamais renouvellé intégralement et qu'une bonne partie de cette chambre a été élue avant la loi sur la parité.

 

Sénat (2004)
Groupe Détails du groupe Total Femmes Taux de Parité
UMP UMP 155 18 11,61%
Socialiste PS + Verts 97 21 21,65%
UDF + UC UDF + UC 33 6 18,18%
CRC PCF + MRC 23 9 39,13%
RDSE PRG + PR 16 1 6,25%
Divers Non Inscrits 7 1 14,29%
Total
331 56 16,92%

 

Table 2 : La parité aux élections sénatoriales de 2004

Note : On s'amusera avec une certaine ironie de voir que le Sénat a un taux de représentation féminine supérieure à la moyenne totale alors que ce fut historiquement la chambre qui fit tout dans l'entre deux guerres pour s'opposer au vote des femmes.

Graphe 2 : Classement par parti selon la parité au Sénat.

Il est paradoxal de constater que le groupe majoritaire en sièges n'est pas le nombreux en sièges féminins, est-ce le fait de la prime au sortant ?


Source : Sénat

Au niveau de l'Assemblée Nationale :

Les élections ont eu lieu en 2002 et au suffrage universel direct à deux tours. Les dispositions légales basées sur des sanctions financières pour qui ne respecte pas la parité en terme de candidats présentés ne semblent pas optimales.

 

Assemblée Nationale (2002)
Groupe Détails du groupe Total Femmes Taux de Parité
UMP UMP 359 43 11,98%
Socialiste PS + MRG 149 25 16,78%
UDF UDF 29 1 3,45%
PCF PCF 21 4 19,05%
Divers Non Inscrits 14 3 21,43%
Total
572 76 13,29%

 

Table 3 : La parité aux élections législatives de 2002

Note : Pour information, aucun des groupes parlementaires constitués n'a présenté de listes avec un équilibre hommes/femmes. Tous ont donc été victimes de sanctions financières.

Graphe 3 : Classement par parti selon la parité à la Chambre des députés.


Concernant la parité des candidatures :

UMP (19,7 % de femmes candidates)
UDF (19,9 % de femmes candidates)
PS et le PRG (34,6 % de femmes candidates)
PCF (43.8 % de femmes candidates)


Source : Assemblée Nationale

Synthèse globale par partis :

L'exercice qui consiste à savoir quels partis sont, en pratique, les plus proches de la parité est un peu difficile. En effet, l'efficacité législative est diverse le type de scrutin et donc l'assemblée : plutôt efficace au scrutin proportionnel et contestable au scrutin majoritaire. Le jeu des alliances et des constitutions de groupes parlementaires est parfois complexe : le PS siège avec le PRG à l'Assemblée mais séparément au Sénat, Les Verts siègent avec le PS au Sénat mais pas à l'Assemblée. On peut cependant globaliser et comparer en ne considérant que les partis comprenant au moins des représentants dans deux assemblées sur 3 et un appartenant à au moins un groupe parlementaire dans une chambre nationale.

 

Synthèse globalisante par parti

Total Femmes Taux de Parité
UMP 531 70 13,18%
PS+PRG+Verts 299 64 21,40%
UDF 73 12 16,44%
PCF 47 13 27,66%

...

Total 981 165 16,82%

Table 4 : La parité par parti (synthèse globalisante)

Graphe 4 : Classement globalisant par parti selon la parité.

Au niveau du pouvoir éxécutif :

Au niveau national :

Il est difficile de considérer la notion de parité dans l'éxécutif puisque les formules et structures de gouvernement changent selon le Premier Ministre. On va cependant tenter de réaliser une comparaison entre gouvernements et que certains postes comptent plus que d'autres (Un ministre d'Etat est plus important qu'un secrétaire d'Etat, l'un est numéro deux du gouvernement, l'autre ne siège pas toutes les semaines au conseil des Ministres).

J'ai pris le parti d'établir une formule coefficientée arbitraire :

  • Pour tout ministre, il est appliqué un coefficient 1.
  • Pour tout autre fonction permettant de sièger au conseil des ministres (Secrétaire d'Etat, Ministre délégué, etc ...) est appliqué un coefficient 1/3.

Avec une telle méthode, on peut aisément chiffrer :
La part des femmes au gouvernement (Rapport brut)
La part "réelle" des femmes en fonction de l'importance de leur poste (via la pondération par le coefficient).
Le degré de sincérité de la parité (si le rapport Coefficienté est supérieur à celui Brut, il ya plus de femmes à des postes importants).


Nombre de ministres Autres Rapport parité

Total Femmes Total Femmes Brut Coefficient
Fillon I 15 7 5 0 33,33% 39,62%
Villepin (Final) 16 2 15 4 18,75% 15,15%
Raffarin I 15 3 13 3 20,69% 19,67%
Jospin I 14 5 12 3 29,63% 31,58%

Table 5 : La parité par parti (synthèse globalisante)

On notera, par exemple, le faible de taux de représentation féminine des deux gouvernements sélectionnés (Raffarin I et Villepin Final) du second mandat de Jacques Chirac qui avait pourtant formulé dans ses voeux de 2006 l'importance de la  parité.

On signalera par honnêteté intellectuelle que le Gouvernement Fillon I sera complété après le scrutin législatif et que le gouvernement Jospin I fut composé en 1997 soit avant la loi sur la parité dont il est à l'origine.

Graphe 5 : Vision des effectifs gouvernementaux et parité.

Au niveau des collectivités locales :

Les graphiques et tables du rapport 3554 de Marie-Jo Zimmermann présentent une étude complète à ce sujet.

Rappelons juste deux faits :

Sur 22 régions en France métropolitaine, une seule se voit dirigée par une femme (Poitou-Charentes).

Les trois régions où les femmes sont le plus représentées dans l'éxécutif (présidence, vice présidence)d'un conseil régional sont :

L'Ile de France, la Bretagne, le Poitou-Charentes ( 50 % ou plus )

Les trois régions où les femmes sont le plus représentées dans l'éxécutif d'un conseil régional sont :

La Basse Normandie, le Centre, la Corse ( 25 % ou moins )

Posté par lateral à 11:44 - Des chiffres et de la politique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pourquoi étudier la parité en chiffres ?

La première loi sur la parité en France date de juin 2000. Et, si l'on regarde actuellement les chiffres (16,82 % de parlementaires femmes élues en France), il y a effectivement matière à se poser des questions tant la différence entre l'état des lieux actuel et l'objectif visé de 50% semble gigantesque. Le coq gaulois qui revendique avec moult orgueil et autres cocoricos sa place au G8 est toujours malgré une loi vieille de 7 ans très en retard dans ce domaine et pavoise beaucoup moins pour revendiquer sa 75ème place.

Si j'avais quelque malice et malhonnêteté, j'utiliserais quelques comparaisons choc :
- Ce grand modèle de démocratie qu'est la Chine a une représentation féminine et parlementaire supérieure à la France (20 %).
- La Suède dont on loue souvent le modèle économique et social, possède presque trois plus de femmes députés que la France.

Bien évidemment, ces questions sont d'autant plus d'actualité qu'il y a eu quelques changements récents. Cette année lors de la campagne électorale (4 candidates à l'élection présidentielle sur 12 soit un tiers) et, pour la première fois, une femme en position d'être élue au second tour. Le geste fort et fortement symbolique de Nicolas Sarkozy consistant à nommer un gouvernement avec un grande nombre de femmes renforce d'ailleurs ce sentiment que peut-être la loi porte ses fruits.

Celle-ci consiste en deux règles que je vais tenter de résumer simplement.
La première est basée sur l'interdiction : Pour un scrutin avec des listes, il est interdit de soumettre une liste qui ne contienne pas 3 hommes et 3 femmes parmi les 6 premiers (puis entre les places 7 et 12, 13 et 18, etc ...)
La seconde est basée sur la sanction : Pour un scrutin à deux tours, une formation politique se doit de présenter des candidatures équilibrées en genre sous peine de sanction financière proportionnelle au non-respect initial de la parité.

Cependant l'analyse détaillée des chiffres permet de s'interroger. D'abord parce que la loi de Juin 2000 est en partie inefficace. Si elle est réellement adaptée aux scrutins de liste à la proportionnelle (comme lors des élections européennes) et donne de bons résultats en améliorant la représentation féminine à Bruxelles, les chambres françaises sont-elles encore très masculine. La loi concernant les scrutins à deux tours, elle peine à être efficace. Songez qu'au Sénat, le groupe majoritaire possède moins de femmes en son sein qu'un groupe qui lui est minoritaire. Pensez qu'à l'heure actuelle aucun groupe parlementaire n'a été capable de présenter 50 % de candidates et que tous ont dû payer des pénalités financières loin d'être négligeables (jusqu'à 4 millions d'euros).

J'ai donc tenté de mettre tout cela en chiffres et en graphes de manière synthétique dans un billet qui permettra aussi de contempler l'évolution à venir au vu des enjeux qui se profilent (scrutin législatif et compléments/remaniements éventuels du nouveau gouvernement).

Prochaine mise à jour à prévoir : Après le 18 juin 2007

Posté par lateral à 11:43 - Des chiffres et de la politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2007

Agenda d'études

Le premier sujet que je vais aborder dans cette série : celui de la parité en politique.

Il me semble, à la veille des élections législatives, important de rappeler quelques chiffres-clés sur la représentation des femmes en politique.


Le second sujet que j'aborderais dans cette série :
celui du Ministère de l'Intérieur.

N'y voyez aucune malice vis à vis de notre nouveau chef de l'Etat, ancien locataire des lieux, au sujet duquel je me suis déjà exprimé, bien au contraire. Si je commence par ce sujet, c'est par commodité. En tentant de collecter des informations sur le web, j'ai pu mesurer la modernité de la communication de ce Ministère à propos de son activité et sa rapidité à fournir des données statistiques.

Pour information, l'instauration d'un Observatoire National de la Déliquance, source de mes données,a été décidée par Daniel Vaillant sous le Gouvernement de Lionel Jospin et mis en application durant le second mandat de Jacques Chirac tandis que Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin étaient en fonctions.

Pour information et ilustration par l'exemple:
Au 18 mai 2007 :
L'OND (Ministère de l'Intérieur) a publié depuis le 15 un rapport exhaustif sur l'activité du mois d'avril 2007 (Dernière mise à jour le 15 mai 2007).
Le Bureau des études statistiques sur la Recherche, dépendant du Ministère du même nom, annonce fièrement : Mise en ligne des tableaux statistiques des résultats 2004 (Dernière mise à jour le 14 mai 2007).

Posté par lateral à 18:00 - Des chiffres et de la politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mai 2007

Pourquoi latéral ?

Latéral est un blog qui parle de politique, uniquement de politique et rien que de politique.

Il regroupe des travaux que je publie par ailleurs sur mon blog personnel dans une catégorie dédiée et des billets inédits. C'est dans le but de clarifier et classifier les choses que je mets ce contenu en ligne ici car le projet que j'ai d'aborder la politique est un peu ambitieux.

Je n'ai pas l'intention de transformer cet espace ni mon espace personnel en un panneau d'affichage où je plaquerais une affiche pour tel ou tel et distribuerais des tracts pour critiquer l'un ou l'autre. C'est l'affaire des militants et ils le font très bien, avec la force de leurs convictions et parfois, aussi, celle de leur mauvaise foi. Je ne m'imagine pas non plus en éditorialiste politique dilettante, comme beaucoup de membres de la blogobulle qui le font régulièrement. La lecture assidue des uns et des autres, durant la campagne électorale, m'a dissuadé d'exercer régulièrement ce genre d'activités. Les uns sont trop médiocres et les autres trop brillants pour que j'ai la moindre envie de me placer sur le même terrain qu'eux.

Je vais, par contre, essayer de faire quelque chose de différent en étant comptable des actions de ceux qui nous gouvernent. J'ai plaisir à croire que je dispose d'une certaine affinité avec les chiffres et d'une certaine rigueur qui fait que mon discours sur ces sujets n'est pas totalement fantaisiste. Plutôt que de me poser en laudateur ou en critique, en force de proposition ou d'opposition, je vais simplement tenter d'être comptable de ce qui, politiquement, va se passer dans les mois à venir et, donc, d'aider celui qui me lit à mieux se rendre compte des actions qui influeront sur sa vie.

Nous avons vu, récemment, à quel point notre pays était à la fois en demande d'actions politiques et de résultats. A l'heure d'Internet, il me semble naturel que l'Etat communique de plus en plus et de mieux en mieux sur ses actions, notamment via le biais de données chiffrées. Je vais tenter d'en faire une synthèse objective.

Bien sûr, je vous vois cligner de l'oeil avec une moue dubitative et dire que l'objectivité n'existe pas, que ma vision personnelle interviendra forcément puisque je traiterais de problèmes complexes. Et c'est là, justement tout le challenge de ce que je me propose de faire à savoir :

  • N'être que comptable et donner simplement des chiffres accompagnés d'enjeux liés à ceux-ci.
  • Ne reporter que des chiffres officiels, sourcés, issus d'institutions indiscutables.
  • Choisir dès maintenant des indicateurs qui permettront dans 10, 20 ou 50 mois de déterminer si une politique sera un échec ou un succès.
  • Essayer d'être exhaustif et préférer être fastidieux plutôt que superficiel.
  • Expliquer toutes les opérations mathématiques qui permettent de présenter mes résultats.
L'objectif est vaste et ambitieux, je le sais : fournir des données qui ne se résument pas à un seul pourcentage et qui ne deviennent pas non plus un rébarbatif rapport destiné à quelques technocrates.

Ce sera le premier challenge de Latéral, un blog résolument ouvert qui comme son nom l'indique n'est pas à droite, pas à gauche ni même aux centres ou aux extrêmes mais simplement à côté et qui a la vocation de donner des chiffres pour que chacun puisse contempler objectivement la vie politique.

Cet objectif sera complété par quelques réflexions plus classiques sur la politique, dans des billets d'opinion totalement assumés mais clairement séparés d'un contenu qui se veut neutre.

Posté par lateral à 21:24 - Présentation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mai 2007

Archives chiffrées

Sur mon blog personnel et dans la catégorie dédiée, j'ai eu l'occasion de rédiger quelques billets à propos de chiffres et de politique (essentiellement sur les sondages).

Ce sont des billets qui se veulent objectifs et dépourvus d'opinions partisanes, vous avez donc le droit d'être en désaccord avec eux sur la méthodologie scientifique mais a priori, vous ne devriez pas les trouver partisans.

  • Des billets sur les sondages :

La mesure de l'opinion à la veille du scrutin présidentiel

La mesure du report des voix entre deux tours 

La mesure de l'opinion à la veille du second tour

 

Posté par lateral à 22:03 - Des chiffres et de la politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »